Une rentrée qui n'a rien de scolaire !  A Paris, c’est donc le 14 mai que les écoles de la capitale ont ouvert leurs portes à quelques élèves. Les raisons en sont simples, permettre à certains parents de reprendre le chemin de l’entreprise.


A Paris, c’est donc le 14 mai que les écoles de la capitale ont ouvert leurs portes à quelques élèves. Les raisons en sont simples, permettre à certains parents de reprendre le chemin de l’entreprise. Que l’école fonctionne à nouveau, quoi de plus normal ! Une vraie école, laïque et obligatoire, pour tous les élèves, une école dédiée aux apprentissages et non cette parodie qui s’apparente à une garderie ! Et encore, dans une garderie ordinaire, les enfants - puisqu’on ne peut parler d’élèves - pratiquent des activités ludiques.

601 écoles ont rouvert le 14 mai, soit 92% des écoles parisiennes.

Or il n’en est rien. Le protocole ministériel de l’Education Nationale, document de 63 pages, est bien sûr inapplicable et inacceptable. Les enfants passeront la quasi-totalité de leur temps à se laver les mains, à respecter la distanciation. C’est ce que le ministre appelle les rendre « responsables ». Il ne manque pas d’air. Rendre responsable une enfant de moins de 10 ans !

Dans le même temps les universités restent fermées jusqu’en septembre. Doit-on en déduire que les étudiants, tous majeurs, seraient moins responsables que des jeunes enfants. Poser la question c’est y répondre ! Le gouvernement poursuit d’autres visées.

C’est donc un autre but que poursuit le gouvernement. Il utilise le déconfinement, comme il a utilisé le confinement pour poursuivre ses visées. Frapper à nouveau contre l’école publique !

D’ailleurs, pour la rentrée de septembre, outre les milliers de fermetures de classes (65 à Paris) qui sont programmées, un projet de loi visant à transformer le statut des directeurs d’école en chefs d’établissements, tous autonomes, vient d’être déposé à l’Assemblée nationale. Autant de règles que de communes, que d’établissements. C’en serait fini de l’égalité de tous les élèves devant le droit à l’instruction. C’en serait fini également du statut des enseignants, fonctionnaires d’Etat.

Ce n’est certes pas la première fois. Pour mémoire, ce même gouvernement avait odieusement utilisé le dramatique suicide de la directrice d’école de Pantin, à l’automne dernier pour ressortir cet antique projet, déjà porté par le ministre Monory en 1987 !

Leur but : en finir avec le caractère national de l’Education.

La « réforme des rythmes scolaires », n’était donc qu’un galop d’essai. Le ministre, s’appuyant sur la crise du COVID 19 et les deux mois chaotiques qui viennent de s’écouler voudrait y voir les signes de « l’école de demain » une école où chaque élève passera au moins une fois dans les locaux scolaires. Une école où l’on alternera présence à l’école et enseignement « à distance ».
C’est Acadomia qui se frotte les mains !

Les enseignants ne sont pas dupes, dans les écoles parisiennes, les moyens de protection font défaut. Les masques livrés, par ailleurs en nombre insuffisant et sans tenir compte de la taille de l’école ne sont pas les masques FFP2. Les thermomètres sont promis pour plus tard. Aucun test n’est pratiqué, contrairement aux recommandations de l’OMS… Mais il faut rouvrir.

L’UD FO 75 et ses syndicats enseignants appellent les personnels à multiplier les initiatives, à se réunir et discuter de la situation créée par le ministre. Ils appellent les personnels à refuser les injonctions contraires à leur statut. Les enseignants ne veulent pas parquer les enfants dans des cercles ou des carrés, leur interdire de se rejoindre ou se toucher. Ils ne veulent ni maltraiter, ni traumatiser les élèves. Personne ne peut cautionner un tel dispositif. Avec la Fédération de l’enseignement, la FNEC FP FO, l’UD FO 75 soutient toutes les prises de position des conseils des maîtres, des réunions des personnels. Un préavis de grève a été déposé par la Fédération.


Paris, le 15 mai 2020


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