On achève bien les personnes âgées !  La circulaire honteuse de l’ARS Ile de France du 19 mars 2020


Dès le début, l’UDR FO 75 s’est préoccupée du sort de nos concitoyens âgés en EHPAD ou à domicile. Nous avons alerté. Nous n’avons eu que des réponses dilatoires.
Notre inquiétude était légitime et justifiée. Leur sort était fixé dès le 19 mars 2020 par une circulaire de l’ARS Ile -de -France intitulée « décision d’admission des patients en unités de réanimation et unités de soins critiques dans un contexte d’épidémie à COVID-19 ».
Concoctée par un groupe d’ «experts » régional de 6 médecins, cette circulaire constitue un appel au triage des patients.

Dans le contexte de la pandémie, « l’afflux de patients en condition grave, voire en défaillance vitale pose la question où l’équilibre entre les besoins médicaux et les ressources disponibles est rompu. »
En clair, on ne réanimera pas les patients les plus fragiles au motif qu’il n’y a plus de place en réanimation. FAUX : les lits existent, les structures existent, à l’Hôtel Dieu, au Val de Grâce, mais le gouvernement en refuse la réouverture !
« Il est possible que les praticiens sur-sollicités dans la durée soient amenés à faire des choix difficiles et de priorisation dans l’urgence. »
« Ce document s’adresse particulièrement aux médecins qui, en terme de culture, de formation ou d’expérience ne sont pas nécessairement habitués à la démarche réflexive de limitation des traitements. » Et pour cause : le médecin est là pour soigner ses patients, tous ses patients, quels que soit leur âge ou leur « fragilité ». Le médecin a prêté serment. Il a la liberté de prescription. La prescription de l’ARS, avec l’aval du ministère de la Santé : la mort !
La circulaire indique aussi que la décision devrait être « collégiale », tout en ajoutant que « la place laissée aux proches dans le processus décisionnel et dans l’accompagnement risque d’être limité par ces conditions exceptionnelles » ! Peu de temps après, consigne a été donnée de fermer les EHPAD et d’interdire les visites des familles, et d’attendre un malade symptomatique pour tester l’ensemble du personnel. Or, une fois le virus entré, les résidences deviennent des tombeaux.

Et ce n’est pas tout : « Dans l’idéal, il faudrait anticiper cette situation par la création de structures intermédiaires équipées en personnel qualifié et en matériel d’oxygénation non invasive ». Mais la réalité est tout autre : « La possibilité qui permettrait d’éviter de faire perdre une chance au patient nécessitant une admission en réanimation serait de faire sortir un patient déjà en réanimation pour faire une place » et le transférer en structure intermédiaire (si son état le permet) ou en soins palliatifs, autrement dit vers une mort certaine.
Et s’il était encore besoin d’en rajouter, le refus de réanimation pourrait intervenir sans l’accord du patient ou de ses proches au cas où cette admission relèverait « d’une obstination déraisonnable, y compris si une place de réanimation est disponible ».

A ce jour, plus de 9000 décès en EHPAD, sans compter les décès à l’hôpital ou à domicile. La moitié des décès en France sont ceux de personnes âgées. Jusqu’où iront-ils ?
Selon le Canard Enchaîné, en quelques jours, les patients de plus de 75 ans en réanimation sont passés de 19% à 7% et ceux de plus de 80 ans de 9% à 2% ! Impossible de ne pas rapprocher ces chiffres avec les termes de la circulaire.
Des familles de résidents ont déposé des plaintes sur la manière dont leur proche décédé ont été traités. Pour se protéger, le gouvernement vient de faire adopter le principe de « Non responsabilité pénale », preuve qu’il a beaucoup à perdre si la vérité éclate sur ce dossier.


HONTE AU MINISTRE DE LA SANTE ET A SES EXPERTS !
Cette circulaire infâme doit être condamnée et retirée !
Réouverture de l’Hôtel-Dieu et du Val de Grâce pour accueillir les malades !
Nous voulons des masques gratuits, des gants, du gel hydroalcoolique,
des tests pour les personnels et pour nous-mêmes!
TOUS LES PATIENTS DOIVENT ETRE SOIGNES ET ADMIS EN REANIMATION SI NECESSAIRE !

Paris, le 7 mai 2020


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