Ah les braves gens !  C’est une interview d’importance selon les médias, donnée par le Président de la République au journal télévisé de 13h00 depuis une école des Yvelines, qui bien évidemment avait choisi de déconfiner dès le 11 mai avec un soutien inconditionnel de la munic


C’est une interview d’importance selon les médias, donnée par le Président de la République au journal télévisé de 13h00 depuis une école des Yvelines, qui bien évidemment avait choisi de déconfiner dès le 11 mai avec un soutien inconditionnel de la municipalité non signataire de la lettre des 300 élus s’adressant au Président lui demandant que la rentrée n’ait pas lieu le 11 mai, à laquelle nous avons assisté.

Mais avant cela un point a été fait dans ce même journal sur la situation à Mayotte, département le plus pauvre de la République. Le déconfinement serait retardé dans cette île du fait d’un développement accru du virus et encore une fois ce serait la faute d’une population qui ne respecterait pas les mesures de confinement.

Chacun peut se rendre compte de la situation à Mayotte où les « Favelas » sont le lot des habitants et où chacun pourra comprendre pourquoi le confinement n’est pas possible dans le même temps où les structures hospitalières sont réduites à la portion congrue et où nous savons que si l’épidémie se poursuit, la seule structure hospitalière existante ne suffira pas pour accueillir la population qui n’aura plus qu’un droit… celui de mourir.

La République c’est l’égalité de traitement alors quid de l’emploi ? Quid de la construction de logements décents ? Quid de la possibilité d’être accueilli à l’hôpital ?

Après ce petit coup de gueule il est quand même rassurant de voir un Président de la République serein, décontracté, assis sur un pupitre d’écolier face à deux journalistes qui manifestement n’avaient pas envie de le « chamailler », expression chère au Président.

On le voyait tout d’abord muni d’un masque aux couleurs de la France, comme à une autre époque les slips de M. Arnaud Montebourg. Mais là , il y a un hic, car le ministre de l’Education Nationale qui l’accompagnait n’avait pas de masque aux couleurs de la France, ce qui veut donc dire qu’on aura du mal à en doter tous les Français le 11 mai, sauf si ceux fabriqués par les Chinois, arrivent enfin.
Et puis cette formidable envolée en direction des enseignants, ceux qui ont été capable d’accueillir les enfants et qui ont mis en place une nouvelle façon d’enseigner. Ça vous rappelle bien sûr quelque chose puisque avant ce message d’amour aux enseignants, il y avait celui en direction des personnels soignants, des caissières des grandes surfaces, des personnels du nettoiement etc… etc… etc…

Vous savez les mêmes qui se faisaient gazer et matraquer dans les dernières manifestations qui s’opposaient à la réforme des retraites et exigeaient des moyens pour les services publics. Après cette magnifique tirade en direction des enseignants il y avait celle en direction des élus, remarquables dans leur façon d’organiser la rentrée avec les directeurs et les directrices d’écoles.
Heureux de s’apercevoir qu’il y a dans ce pays des maires, ignorés pendant toute la 1ère partie du quinquennat, à qui on refile la patate chaude et qui seront tenus responsables si les choses ne se passent pas bien.

Cette rentrée, selon lui se prépare au mieux, pour que toutes les garanties soient données aux familles et aux enseignants en accueillant en priorité les enfants de familles monoparentales, les décrocheurs. Mais alors où sont passés les enfants des soignants, des policiers et tous les autres ?
Il précisait également qu‘on pouvait ouvrir les entreprises car un véritable dialogue social s’est engagé. Celui où les salariés ont toutes les peines du monde à faire réunir les CSE, où la mise en place de ces CSE a conduit à la disparition des CHSCT, où la ministre du travail pour que les contrôles ne soient pas trop durs pour les patrons et que les inspecteurs du travail qui font tous les jours leur métier, soient sanctionnés.

Se félicitant de ce qu’il a fait, il ajoutait que toute « les mesures sont inédites et qu’on est en train de réussir » dans le même temps où il indiquait que le déconfinement le 11 mai est une responsabilité collective, qui si ça ne marche pas, ça nous retombera sur le dos parce-que nous n’aurions pas respecté les ordres et les contre-ordres donnés chaque jour selon qu’on est Président, 1ER ministre ou ministre.

Il concluait d’ailleurs en indiquant que les réformes courageuses menées depuis 3 ans, sont celles qui nous permettent de nous en sortir.

Dites voir Monsieur le Président, vous parlez bien de la loi de transformation de la fonction publique, celle qui amoindrit les capacités de l’hôpital, de l’école, des finances, de la police et de la sécurité sociale ?

Dites voir Monsieur le Président, vous parlez bien de la privatisation des entreprises publiques comme ADP, la SNCF, la RATP, EDF, la Poste qui ont continué à assurer toutes les missions de services publics pendant cette crise sanitaire ?

Dites voir Monsieur le Président, vous parlez bien de la réforme de l’assurance chômage qui va laisser des dizaines voire des centaines de milliers de salariés dans la précarité et la pauvreté ?
Dites voir Monsieur le Président, vous parlez bien de la casse du code du travail et de la volonté que vous avez démontré avec le patronat de « gérer » les congés payés, les RTT, le temps de travail hebdomadaire… à la place des salariés ?

Dites voir Monsieur le Président, si vos réformes étaient si populaires et permettaient de nous en sortir aujourd’hui, pourquoi tous ceux que vous « aimez » aujourd‘hui étaient hier dans la rue pour vous dire « écoutez-nous et retirez vos lois, décrets, ordonnances et art 49-3 » ?

Nous terminerons sur un événement vécu aujourd’hui et qui met en valeur deux personnes que le Président aime tant : une infirmière et une professeure des écoles, par ailleurs amies. L’infirmière qui voyait son amie professeure des écoles fabriquer des masques en tissu lui en commandait un. Ce qui démontre la confiance que le personnel soignant peut avoir en la direction de l’APHP pour que tous les personnels possèdent des masques. La confiance ce n’est pas pour demain !


Paris, le 5 mai 2020


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