Pourquoi ?  Ce questionnement est continuel de la part de toute la population et sur tous les sujets concernant l’épidémie, mais pas que !


Pourquoi après trois semaines de confinement les personnels de santé ne sont toujours pas dotés de toutes les protections dont-ils auraient besoin ?

Pourquoi après trois semaines de confinement dans beaucoup d’Ehpad, les personnels soignants ne bénéficient que d’un seul masque pour la journée ?

Pourquoi l’OMS dit-elle qu’il faut « tester, tester, tester !» alors qu’on est bien loin du compte avec le nombre de tests pratiqués en France et particulièrement dans les Ehpad ?

Pourquoi avoir dit il y a trois semaines, que porter un masque quand on n’est pas soignant est inutile alors qu’on est à deux doigts de le rendre obligatoire pour tous ?

Pourquoi toutes ces tergiversations sur l’utilisation de médicaments pouvant traiter le Covid-19 et les déclarations idiotes de politiques n’y connaissant rien mais donnant des leçons au professeur Raoult (il est vrai que dans cette période de confinement, il y a vraiment des cons finis) ?

Pourquoi alors que nous manquons de lits et qu’il y en avait dans les structures privées a-t-on attendu autant de temps pour les utiliser ?

Pourquoi alors qu’on voudrait que tout le monde porte un masque aujourd’hui, les policiers, les agents de la RATP, de la SNCF, d’EDF, de GDF, de la poste en manquent cruellement ?

Pourquoi cache-t-on qu’ils commencent à payer un lourd tribut à l’épidémie alors que le gouvernement savait bien qu’ils étaient exposés ?

Pourquoi aura-t-il fallu attendre aussi longtemps pour que les salariés des grandes surfaces, les livreurs, les routiers, les personnels de nettoyage, les éboueurs, les enseignants assurant l’école pour les enfants de soignants ne possèdent même pas encore aujourd’hui ce qu’il faudrait pour se protéger ?

D’une façon générale, pourquoi est-ce toujours « aux petits, aux sans grades » de payer le prix du soutien à l’économie et au capital, à cause de l’incurie du manque de décisions, des tergiversations et de la valse d’hésitations de nos gouvernants ?

Une chose est certaine, c’est que la politique de contre-réformes conduites jusqu’à la crise, elle, était bien pensée et appliquée. Il n’y a pas à se poser de pourquoi ! Leur politique était bien celle de la destruction de l’hôpital, des services publics d’une façon générale, de la fonction publique d’Etat, de la sécurité sociale et de la mise en œuvre de la stratégie de l’Union Européenne et de son souci de faire entrer les pays dans les clous du non dépassement des 3% de déficit.

Autrement pourquoi ces manques de fabrication de masques, de gants, de blouses, de lunettes dans notre pays ?

Pourquoi la fermeture d’entreprises fabriquant des « ventilateurs » pour les services de réanimation, pourquoi la fermeture et le licenciement de travailleurs dans les entreprises fabriquant des bouteilles d’oxygène ?

Pourquoi se poser la question de la production de médicaments qui risquent, ou font déjà, défaut comme le curare ou même les molécules qui pourraient servir à s’en sortir ?

Pourquoi l’exécutif ne répond t-il pas à nos demandes de réouverture de l’hôpital militaire du Val de Grâce, pourtant rééquipable en lits en 48h avec une capacité de 400 lits, tout comme celui de l’hôtel Dieu qui avec sa fermeture a entrainé l’engorgement des urgences des hôpitaux parisiens ?
Pourquoi a-t-on pensé aussi rapidement à faire voter la loi d’urgence sanitaire qui complète le dispositif de M. Macron dans les domaines de casse de la politique sociale ?

Pourquoi cette loi d’urgence avec l’aide des patrons impose-t-elle de prendre des congés non pris dans les périodes précédentes ? Pourquoi impose-t-elle de prendre les RTT au bon vouloir du boss, les congés payés quand il l’aura décidé, l’augmentation du nombre d’heures travaillées dans la semaine ?

Pourquoi cette loi d’urgence impose aux organisations syndicales de négocier la « longueur de la chaine » et le poids « du boulet » dans des accords d’entreprises ou de branche ?

Sans nous et pas avec nous mais avec ceux qui ont déjà eu la volonté de voir disparaitre nos régimes de retraites, l’assurance chômage et le code du travail.

Rien ne sera plus comme avant. C’est le grand chef de guerre qui l’a dit.

Mais pourquoi alors en pleine période où le nombre de morts s’égrène d’heure en heure, en Grand Est, en région Ile de France, dans les Hauts de France, l’ARS du Grand Est confirme qu’à Metz les effectifs de l’hôpital et les moyens existant continueront à être touchés par la réforme qui était prévue avant la crise sanitaire ?

Pourquoi l’exécutif après avoir autant soigné l’hôpital, après avoir fait les pires critiques sur les agents de la SNCF, de la RATP, d’EDF-GDF, des postiers, des collectivités territoriales, des fonctionnaires d’état, des pompiers ne reconnait-il pas aujourd’hui que sans ces populations qui intègrent les personnels de la grande distribution, les routiers, les livreurs etc… la catastrophe aurait été bien plus grande encore ?

Pourquoi tous ces morts qui ne sont que les victimes de l’impréparation mais surtout des politiques suicidaires conduites ? Le préfet de Police a reconnu dernièrement qu’après sa sortie honteuse, il avait eu tort de s’exprimer comme il l’a fait et s’excusait.

Alors pourquoi le Président de la République ne reconnait-il pas que les contre-réformes du code du travail, de l’assurance chômage et des retraites, sans oublier les privatisations et les délocalisations, étaient et sont aussi de grosses « conneries » ?

POURQUOI ?


Paris, le 6 avril 2020


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