Mais où est la 5ème puissance mondiale ?  Que de fois n’avons-nous entendu que la France était la 5ème puissance mondiale !


Que de fois n’avons-nous entendu que la France était la 5ème puissance mondiale ! Si nous en doutions, le Président de la République était là pour le rappeler puisqu’après toutes les annonces pour la programmation des réformes il s’attaquait à l’Europe… et au monde, nous attirant les foudres de certains pays européens, notamment des Italiens et les sarcasmes des Américains sans parler de l’amusement des Chinois et des sursauts nerveux des Allemands.

En fait, si nous nous arrêtons aujourd’hui sur notre système de santé, il faut cependant revenir sur les années passées et particulièrement sur la période de 1982 où une Ministre de l’époque déclarait « la santé n’a pas de prix mais elle a un coût… ».

Dès cette période et quels que soient les gouvernements, les attaques se sont développées afin d’abaisser comme le disait la Ministre « les coûts ».

La cadence effrénée au fil des années ; de fermetures d’hôpitaux, de services, de lits, de personnels soignants et non soignants nous a conduit à la situation que l’on connait aujourd’hui. Pourtant des alertes majeures avaient précisé que notre système de santé se dégradait sensiblement. Ce fut vrai lors d’épidémies de grippe avec des dizaines de milliers de morts, ce fut encore vrai avec les épisodes de canicules où, là également nous comptions les morts par milliers.

Immédiatement après ces graves événements, les belles promesses faites étaient oubliées et la casse de l’hôpital se poursuivait, avec de nouvelles supressions d’emplois, de salaires stagnants, de lits fermés, de moyens supprimés pour accueillir les malades et même des fermetures de services d’urgences comme ce fut le cas notamment à l’Hôtel Dieu à Paris.

Les organisations syndicales et la nôtre en particulier ont tiré la sonnette d’alarme pour dire : « Vous allez au casse-pipe en détruisant l’hôpital et en voulant faire la même chose de la sécurité sociale ! » .

Oui, ce modèle à la Française était le meilleur avant que les gouvernements de tous bords ne cherchent à le détruire.

Le Président Américain Barack Obama ne s’y était pas trompé puisqu’il souhaitait mettre en place un système à l’identique, aux Etats Unis.

Depuis plus d’un an, les personnels hospitaliers et particulièrement les services d’urgences se sont mis en grève pour dire : « Nous courons à la catastrophe ! », « Nous sommes débordés », « Nous n’avons pas les moyens d’accueillir les malades ! ».
Le gouvernement faisant semblant de les écouter, notamment dans le domaine des moyens accorder à l’hôpital et dans le domaine de la reconnaissance et des salaires, a cependant poursuivi sa politique de destruction.

Aujourd’hui, la catastrophe est là ; ce qu’avaient prédit les personnels se constatent tous les jours avec une aggravation terrible qui conduit tous ceux qui luttent contre la maladie, à l’hôpital public, à l’hôpital privé, dans les Ephad, dans la médécine de ville, dans l’accompagnement des personnes agées, se vérifie tous les jours, avec la mort au bout du couloir parce que tous les moyens manquent « un véritable scandale ».

Le patronat et les ministres de tutelles successifs ne sont pas étrangers à ce manque de moyens criant ; en effet la délocalisation de la fabrication des masques, des blouses, du gel hydroalcoolique était bien de leur responsabilité.

Aujourd’hui, on court toujours après les masques alors que des annonces faites il y a plus de 15 jours laissaient à penser qu’ils arriveraient dans tous les services de santé mais également pour tous les salariés travaillant au contact du public dans des conditions extrêmement précaires et plus que difficiles.

Donnez leurs des masques, donnez leurs de quoi se protéger, augmentez leurs salaires au lieu de primes pour le prix de leurs vies alors que les patrons de grands groupes ont acheté dès le début de la crise des actions en nombre de ces mêmes groupes.

Et puis nous ne pouvons pas nous empêcher de relayer ce que beaucoup de Français pensent et disent aujourd’hui sur les capacités de la 5ème puissance mondiale. Pourquoi les tests ne sont pas effectués systématiquement ? Parce que nous manquons cruellement du matériel nécessaire, par ailleurs fabriqué en Italie.

Pourquoi un hôpital militaire de campagne de 30 lits est mis en place seulement aujourd’hui, alors qu’il est annoncé depuis une semaine, quand les Chinois construisent un hôpital de 1 000 lits en 10 jours ?

Plutôt que de programmer des budgets militaires pour des bombardements dans plusieurs parties du monde et de construire des chars, il serait plus utile de construire des hôpitaux, de ne pas fermer les structures comme l’hôpital du Val de Grace à Paris, de rouvrir tous les lis, tous les services fermés ces dernières années.

Les Français pensent aussi qu’un bateau de l’armée qui transporte 12 malades de Corse vers Marseille, c’est peu, comparé au bateau hôpital de 1 000 lits qui vient d’être mis à la disposition des Californiens.

Des médecins meurent, des personnels soignants sont fortement contaminés, les personnels des Ephad sont encore en manque de moyens ne possèdant que de faibles réserves pour les masques.

Alors, à quand la démonstration que nous sommes la 5ème puissance économique du monde ?

Nous revendiquons le retour à l’hôpital de tous les emplois CDD (10 000 contrats non renouvelés en mars 2015), de personnels parfaitement qualifiés qui seraient aujourd’hui bien utiles dans les services.

C’est maintenant la relocalisation et la nationalisation de toutes les productions de matériel et de médicaments concernant la santé.

C’est maintenant la construction de nouveaux hôpitaux, de services de soins, d’Ephad.

C’est maintenant l’embauche de médecins, d’infirmières, d’aides soignants, de personnels administratifs et techniques.

C’est maintenant la prise en compte réelle des besoins des personnels, de la reconnaissance de la pénibilité et de leur engagement.

C’est maintenant la révalorisation conséquente de leurs salaires.

C’est maintenant plus d’humilité de la part de notre exécutif à l’égard des pays qui nous entourent et de tous les travailleurs de notre pays.

L’urgence est sanitaire et elle est surtout sociale.


Paris, le 25 mars 2020


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